Altière et fière une bécassePerchée sur d'étroites échassesNe cessait de se dandinerEt copieusement de jacasserTrop occupée à pavoiserSur une pierre elle mit le piedSi bien qu'au sol elle s'étalaEt tout net son bec se brisaPrivée du précieux attributElle se sentie fort abattueMais par bonheur se trouvait làLa plus grande commère du boisBien renseignée, Madame la pieRecommanda à son amieUn magicien aux doigts de féeQui saurait la raccommoderL'oiseau blessé sans hésiterAlla trouver le bienfaiteurA qui suffirent quelques heuresPour réparer le bec cassé
Par telles prouesses émerveilléeLa bécasse eut la bonne idéeDe faire appel au magicienPour s'embellir au quotidienEn échange de menus deniersIl accepta de redonnerA son plumage de l'éclatDont sans attendre elle se vantaPuis ses échasses il étiraSes deux ailes il redessinaEnfin des flancs il prélevaDu gras qu'à son torse il collaMais cette fois le volatileSoudainement moins volubileEn conséquence de ses capricesConnut un atroce supplice !Et toute sa vie dut endurerD'être un deux pattes surmontéD'un bout de chair rafistolé :Une vulgaire poule rapiécée !